La Grande traversée 2017

La fin : petit récit des derniers jours

C’est hier que nos 10 marcheurs sont revenus à Port-Menier, centre de la municipalité de l’île d’Anticosti, après 130 kilomètres de randonnée dans la nature, avec comme seul bagage leur sac. Ils sont heureux, mais exténués.

C’est que les trois derniers jours n’ont pas été les plus faciles. Ils ne le sont jamais lorsque la fatigue des journées précédente s’accumule.

Récapitulons donc un peu….

Jeudi matin, ils communiquent avec nous. Un brin d’usure dans la voix. La veille, la pluie a rendu une partie de la marche difficile. Malgré le retour du soleil dans l’après-midi, les randonneurs n’ont pu faire les 20 kilomètres prévus et ont même dévié un peu de leur itinéraire. C’est finalement au bord du Lac Godin, au coeur du Parc National d’Anticosti, qu’ils s’arrêteront pour passer la nuit.

L’endroit est si isolé qu’ils font un test : personne ne parle pendant une minute. Le silence est assourdissant.

 

Le Lac Godin, au coeur du Parc National d’Anticosti

Vendredi, les marcheurs remettent leurs bottines. Au fils de rencontres avec quelques chevreuils et bernaches, ils longeront la rivière Vauréal jusqu’à son canyon et sa chute. Phénomène impressionnant : la rivière, presque à sec, se rempli soudainement, inondant des grottes en bordure de la chute.  L’expérience de l’oeil dépasse de loin les photos, qui ne peuvent capturer la beauté du paysage.

La célèbre chute Vauréal

Non loin du lieu du refuge qui annonce la fin de leur périple, ils seront accueillis, croyez-le ou non, par un joueur d’accordéon venus pour les encourager. Malheureusement, ce dernier, dans l’enthousiasme, aura un malaise et devra être transporté par les marcheurs à qui il devait initialement donner des forces.

Un fois bien réchauffé et reposé au refuge, l’accordéoniste pourra enfin se mettre à l’oeuvre. Les marcheurs, eux, profiterons d’un premier repas copieux en 9 jours : un osso bucco de chevreuil, accompagné d’un bon vin.

Après une bonne nuit de sommeil, ils reprendront la route vers Port-Menier, cette fois-ci en camionnette, où une soirée festive organisé par la municipalité couronnera leur aventure.

C’est finalement aujourd’hui, dimanche, que nos marcheurs reprennent l’avion en direction de Montréal.

Gageons qu’ils auront plusieurs histoires à nous raconter dans les prochains jours!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Grande traversée 2017

Anticosti, quel patrimoine? Entrevue avec le professeur Gérald Domon

Cette année, la Grande Traversée d’Anticosti se déroule alors que l’île a soumis sa candidature à la liste canadienne des sites lorgnant le statut de Patrimoine mondial de l’UNESCO.

L’un des objectifs de cette aventure est donc de faire rayonner Anticosti, son patrimoine naturel, paysager et culturel.

Mais justement, au-delà des fossiles, des kilomètres de plage et de forêt, qu’est-ce qui fait donc la richesse patrimoniale d’Anticosti?

Pendant que nos marcheurs poursuivent leur périple, nous nous sommes entretenus avec Gérald Domon, est professeur titulaire à la faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal et Directeur scientifique associé à la Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal.

Gérald Domon

À noter que M. Domon, avec son collègue Philippe Poullaouec-Gonidec, titulaire de la Chaire UNESCO en paysage et environnement, a rédigé un document intitulé «Paysage culturel de l’île d’Anticosti» qui a été joint au formulaire de candidature soumis en vue de l’inscription à la liste indicatrice du Canada pour le patrimoine mondial de l’UNESCO.

Nature Québec : Vous êtes allé sur Anticosti pour la première fois cet été. Qu’est-ce qui vous a marqué le plus dès le départ?

Gérald Domon : ce qui m’a frappé le plus dès le départ? Sans doute que, contrairement à ce que j’anticipais, les moustiques n’étaient pas vraiment incommodants… Sérieusement (même si ce qui précède est vrai), ce qui m’a frappé le plus, et je suis bien conscient qu’ici je ne brillerai pas par mon originalité, c’est la grandeur de l’île. Tant qu’on ne l’a pas survolée ou qu’on n’y a pas posé le pied, son immensité demeure abstraite, on ne peut se la représenter. Ce n’est donc qu’une fois sur place qu’on réalisera ce qu’une telle étendue implique à bien des niveaux; qu’on réalisera que la parcourir de l’ouest en est comme partir de Montréal pour aller à Québec. Et, tout au cours du séjour, on ne cessera de se mesurer à cette vastitude.

La deuxième chose qui m’a étonné est que dès l’entrée sur l’île, dès le contact avec les premiers résidents, on sent qu’il y a quelque chose de différent, non seulement dans l’île elle-même, mais aussi chez ceux qui l’habitent. On sent que le rapport aux autres, tout comme celui au territoire, et au temps est différent. Du coup, on réalise qu’un territoire c’est aussi des gens qui l’habitent, qui le portent, qui le façonnent par leur culture. Et, dans le cas d’Anticosti, on sent bien que l’insularité, la vastitude et la proximité à la nature ont, de diverses façons, marqué les gens qui y résident.

Enfin, troisième point, puisque, de manière quasi obligatoire, nous arrivons dans l’île par Port-Menier, ce qui frappe est l’omniprésence d’Henri Menier plus d’un siècle après sa mort. Menier nous apparaît dès qu’on perçoit cette porte d’entrée qu’est la jetée; jetée dont la taille est à la hauteur de la démesure de son projet. Il est aussi présent dans l’architecture de ces maisons qu’il a fait construire face à la mer, présent dans les ruines de son domaine disparu qui affleurent encore le sol, présent dans la Pointe ouest aujourd’hui déserte, présent dans tant d’autres endroits au passé enfoui. Mais, plus étonnant encore, il est à l’évidence encore bien présent dans la mémoire des gens.

Un territoire c’est aussi des gens qui l’habitent, qui le portent, qui le façonnent par leur culture. Et, dans le cas d’Anticosti, on sent bien que l’insularité, la vastitude et la proximité à la nature ont, de diverses façons, marqué les gens qui y résident.

Crédit photo : Gérald Domon

NQ : Au cours de la dernière année, on a vu dans les médias bon nombre de photos de quelques sites naturels exceptionnels qui ne laissent pas de doute sur la valeur d’Anticosti au plan du patrimoine naturel, mais qu’en est-il au plan culturel, en quoi l’île est-elle intéressante, en quoi se démarque-t-elle?

GD : Relevons d’abord que la question est intéressante puisqu’elle parle de nature dans un premier temps et de culture dans un second, un peu comme si c’était deux choses distinctes, indépendantes, voire opposées. Or, Anticosti montre bien que nature et culture sont dans les faits indissociables. Par exemple, plongés dans la nature d’Anticosti, on rencontre inévitablement bon nombre de cerfs de Virginie qui ne sont, au final, que l’expression de la culture de Menier et de celle de l’époque où on valorisait tant le gibier et la grande faune.

Cela dit, si on s’en tient à la dimension culturelle, il me semble qu’Anticosti est à la fois très différente et très complémentaire aux territoires d’intérêt qui se trouvent ailleurs au Québec. Par exemple, lorsqu’on parle de patrimoine culturel ou de paysage culturel, on pense immédiatement à des lieux historiques classés comme le Vieux Québec ou encore à certains villages de Charlevoix, de la Gaspésie et des Cantons de l’Est, soit à toutes ces traces matérielles, à tous ces ensembles construits et façonnés dans la durée par l’action humaine. Or, sans amoindrir l’importance des traces matérielles qu’on retrouve à Anticosti (phares, maisons du gardien, four à chaux, cimetières, etc.), la valeur de cette dernière tient peut-être davantage encore à des aspects immatériels, soit notamment son histoire et ce qu’elle représente au plan social et culturel.

Son histoire c’est celle du rêve invraisemblable de Menier qui voulait faire de cette terre de Caïn, à la fois un véritable paradis, un territoire autarcique et un modèle de développement tant au plan physico-spatial que social. Un rêve certes unique par sa démesure, mais qui rejoint celui porté par bien d’autres individus qui sont allé développer de nouveaux établissements, de nouveaux villages, voire de nouvelles régions au Québec comme ailleurs en Amérique du Nord.

Quant à ce qu’elle représente, peu d’endroits évoquent quelque chose d’aussi fort et d’aussi singulier qu’Anticosti. C’est peut-être Marie-Victorin qui a le mieux traduit en mots ce qu’était Anticosti en la qualifiant de Reine du golf, de Terre de lumière, de Royaume vierge, mais aussi….D’Île mystérieuse, de Mégère des brumes et de Terreur des marins. Anticosti attire par sa beauté, mais fait craindre et rebute tout à la fois. Aussi, à trois professeurs de géologie provenant de Colombie-Britannique, de New-York et de Californie (comme quoi la valeur scientifique de l’île est incontestable et largement reconnue) rencontrés à Port-Menier et qui nous demandaient ce représentait Ainticosti, nous disions qu’elle était sans doute l’équivalent pour les Américains, de la frontière de l’ouest et du «wilderness». Soit, cette vaste étendue de nature sauvage à la fois belle, attrayante, mais aussi dure et indomptée, car indomptable.

C’est ce qui m’amène à dire que la valeur culturelle d’Anticosti tient non seulement des traces matérielles qui s’y trouvent encore, mais aussi de son histoire et de ce qu’elle a représenté et continue de représenter.

Crédit photo : Gérald Domon.

 

NQ : Plusieurs régions du Québec sont déjà bien connues et reconnues au plan touristique. Ce n’est pas encore le cas pour Anticosti. Qu’est-ce qu’Anticosti peut offrir sur ce plan?

GD : En fait, il y a une forme de tourisme, celle liée à la chasse et à la pêche, qui est visiblement très bien développée depuis pas mal de temps et qui contribue fortement à l’économie locale. Par contre, il me semble qu’il y a toute une autre forme d’activités qui n’est pas encore vraiment mise en valeur. Par sa taille, son insularité, l’omniprésence de la mer et de la forêt, Anticosti est tout de même unique. C’est donc un lieu tout à fait privilégié pour des activités en «grande nature», pour une immersion dans le «wilderness» avec tout ce que cela peut apporter en termes de ressourcement, de bien-être, de quiétude et de plénitude.

Il y a là des choses à développer, une richesse à découvrir, à offrir. Par exemple, et comme d’autres l’ont déjà suggéré, ce serait une expérience fantastique, voire unique de pouvoir parcourir à pied ou en ski de fond, le tour de l’île en bordant la mer. On pourrait aussi allonger la saison qui est en fait très limitée pour la villégiature. Personnellement je rêve d’y aller l’hiver, mais la capacité d’accueil y est à peu près inexistante en cette période. En fait, actuellement, il semble s’y jouer une sorte de jeu d’œuf et de la poule entre l’offre et la demande : il y a peu d’offres parce que peu de demandes et peu de demandes parce que peu d’offres. Par exemple, lors de notre passage, le très beau terrain de camping de la Baie-de-la-Tour était fermé par un temps superbe en plein mois de juillet! Il est à souhaiter que l’attention portée à Anticosti ces derniers mois vienne donner un coup de pouce et que des activités comme la Grande Traversée tracent la voie.

Cela dit, il faut être réaliste. Même en admettant qu’elle soit reconnue patrimoine mondial par l’UNESCO, la distance, le climat et ses caractéristiques intrinsèques font en sorte qu’Anticosti ne sera probablement jamais une destination de masse. Ce qui est aussi une bonne chose quand on voit ce qui se passe sur certains autres sites reconnus.

Crédit photo : Gérald Domon

 

NQ : Pourquoi si peu d’attention avait été accordée à la valeur patrimoniale, paysagère et culturelle d’Anticosti jusqu’à présent? Les Québécois connaissent-ils la plus grande île de leur fleuve?

GD : Effectivement, les Québécois connaissent mal Anticosti, mais est-elle une exception? Chaque année dans mon cours de maîtrise, je demande à mes étudiants de me pointer sur une carte du Québec l’endroit le plus loin de Montréal où ils sont allés. À part un ou deux qui ont eu la chance de travailler à la Baie-James ou en Abitibi, ça se résume presque toujours à ce que montre la carte routière du Québec, soit les portions habitées au sud du Saguenay.

De fait, qui d’entre nous (et je m’inclus dans la question) a déjà fait une randonnée dans la forêt boréale, est allé à l’intérieur de la péninsule gaspésienne, a vu les Monts Groulx ou Mistassini, le plus grand lac naturel du Québec ? Qui a visité Chibougamau? Qui connaît Obedjwan? En fait, bien souvent, on en sait plus sur la France, la Floride, le Maine ou le Vermont que sur notre propre territoire. Celui-ci reste méconnu. Plus encore, plusieurs facteurs (climat, étendue, dureté du relief et de la végétation, etc.) font en sorte qu’il demeure mal aimé et, encore aujourd’hui, souvent perçu comme une simple réserve de ressources (forestières, minières, hydrauliques, etc.) au sein de laquelle on peut puiser.

Fort heureusement, la montée des valeurs environnementales me paraît en voie de modifier les choses, de changer le regard qu’on porte sur le territoire et d’y découvrir la richesse de ses paysages et de sa nature. L’attention récente soulevée par Anticosti et, notamment, le nombre incroyable de personnes qui ont appuyé la demande de reconnaissance auprès de l’UNESCO, semble un bon indicateur du changement en cours. Aussi, il y a lieu d’espérer que la décision récente d’y exclure l’exploitation du pétrole marque un véritable tournant pour l’appréciation de notre territoire à sa juste valeur.

C’est donc à suivre!

Les 10 marcheurs de la Grande Traversée d’Anticosti 2017 devraient terminer leur parcours samedi.

La Grande traversée 2017

20 km à pieds, ça use… Les pieds!

Après 48 heures sans nouvelles de nos marcheurs, nous étions heureux d’entendre leurs voix à travers le signal granuleux du telephone satellite. Rassurez-vous, aucun pépin jusque-là. La marche suit son itinéraire et tout va pour le mieux…Juste de la difficulté à bien entendre ce qui se passe à l’autre bout de la ligne.

Le coupable? Une forte pluie. Il semble que le système orageux des derniers jours n’ait pas épargné Anticosti.

Un temps magnifique mardi a toutefois permis aux marcheurs de progresser rapidement le long de la rivière Jupiter pour arriver à un chalet de la SÉPAQ où ils ont pu passer leur première nuit en trois jours sous un toit et dans un lit. Pas un luxe dans ce genre d’expédition où l’enthousiasme peut rapidement céder le pas à la fatigue physique.

La rivière Jupiter – Crédit Photo : Benoît Desjardins

Les pires bobos (heureusement) pour le moment, sont les ampoules. Inévitables avec des journées de marche de plus d’une quinzaine de kilomètres, les pieds dans l’eau fraîche de la rivière Jupiter. Les petits tracas sont toutefois vite oubliés lorsque la beauté de la nature sauvage est au rendez-vous. C’est le cas, par exemple, lorsqu’un aigle royal qui longe la Jupiter semble suivre les marcheurs.

L’émerveillement est un moteur quotidien. Il pousse les participants à aller plus loin, à voir plus de cette immense Anticosti, dont on parle tant et qui demeure pourtant bien isolée.

Position des marcheurs mercredi matin

 

Au 5ème jour sur l’île, tout le monde reste déterminé à relever le défi de cette Grande Traversée.

Il le faut puisqu’aujourd’hui sera une journée difficile. Au programme, une vingtaine de kilomètres sous la pluie, dans les marécages et les tourbières d’où une autre rivière, la Vauréal, tire sa source. De nouveaux paysages, de nouvelles anecdotes..Et probablement d’autres ampoules!

Tourbières d’Anticosti – Crédit photo : Benoît Desjardins

Merci de continuer de suivre nos marcheurs et de leur envoyer des ondes positives!

 

 

La Grande traversée 2017

Un départ réussi pour nos marcheurs!

Après une première fin de semaine bien remplie, nous avons eu ce matin des nouvelles des marcheurs de la Grande Traversée d’Anticosti. Les journées sont costaudes, les sacs lourds, mais la température, assez clémente, facilite un parcours rempli de découvertes. Et surtout, le moral est bon!

C’est donc par un temps magnifique et une mer d’huile que les marcheurs ont atterri vendredi en fin de matinée sur Anticosti. Ils ont profité de cette première journée pour rencontrer leurs guides, Danièle Morin et Michèle Van de Kaa, et faire des visites à Baie Sainte-Claire et l’Anse-aux-fraises, anciens villages dont il ne reste que quelques vestiges.

Suivis par un drone piloté par le conjoint d’une des guides, le groupe a pu explorer le Cap de la Vache-Qui-Pisse au bout de l’Anse-aux-fraises, lieu d’une grande richesse géologique, où il a admiré une importante strate fossilifère datant de l’Ordovicien (il y a plus de 400 millions d’années ).

Image prise d’un drone par Gaétan Laprise

Dans un autre registre, la rencontre de carcasses d’un globicéphale noir échoué, d’une femelle et d’un jeune béluga, aura été un dur rappel de la fragilité de la vie et des conditions difficiles du golfe.

Carcasse de globicéphale noir de l’Atlantique

En soirée, les marcheurs ont visité le village de Port-Menier et participé à un 5 à 7 offert par la municipalité, où ils ont passé un sympathique moment avec le maire John Pineault, le directeur général Frederick Lee, ainsi que Michel Threlfall, directeur de la SEPAQ Anticosti.

Après une dernière nuit dans un lit douillet, c’est samedi matin qu’ils ont réellement enfilé leurs bottes pour la grande aventure. Alors que le vent frisquet laissait entrevoir une journée plutôt froide, le beau temps a finalement été de la partie.

Après un petit voyage de 2 heures en autobus, c’est à l’embouchure de la fameuse rivière Jupiter que la marche a débuté. Une marche sans anicroche, qui laissait présager un périple plus facile que prévu…

Petite erreur!

Dimanche, la pluie et le vent rappèleront aux marcheurs qu’Anticosti ne se laisse pas apprivoiser si facilement! Après une «ballade» de 9,4 km, en partie les pieds dans les eaux fraîches de la Jupiter, nos courageux marcheurs montent leur camp, sèchent leur matériel, et après le repas, sont rapidement emportés par Morphée.

Ce matin au lever, ils en étaient tout de même au kilomètre 21 de leur périple.

Position des marcheurs de la Grande Traversée mercredi matin.

Le temps d’un petit appel par téléphone satellite qui nous permet d’écrire ces lignes, ils repartaient pour une nouvelle journée de marche.

Il y a en aura 7 autres. L’aventure se poursuit.

Merci, chers membres et sympathisants, de la partager et de continuer de faire rayonner Anticosti…Et d’envoyer des pensées positives aux participants de la Grande Traversée.

À suivre!

 

 

 

 

 

La Grande traversée 2017

C’est parti pour 10 jours!

C’est ce matin de l’aéroport de Montréal que partaient nos participants à cette 2e édition de la Grande Traversée d’Anticosti. Arrivés sur l’île, ils rejoindront leurs deux guides pour cette folle épopée de 130 kilomètres et 10 jours dans la nature.

Toutefois, ce n’est que demain qu’ils chausseront réellement leurs bottines. Aujourd’hui, le programme est un peu différent : d’abord une petite escale à l’Anse-aux-Fraises, site reconnu par les géospécialistes pour sa richesse géologique et ses fossiles, puis une soirée où ils seront reçus par la municipalité de l’Île-d’Anticosti, son maire et plusieurs membres de la communauté du village de Port-Menier.

L’idée n’est pas seulement de ménager les forces des marcheurs avant le vrai départ, mais également de leur permettre de tisser des liens avec les gens qui habitent Anticosti.

Comme l’explique Christian Simard, directeur général de Nature Québec et lui-même parmi les participants cette année, cette nouvelle édition de la Grande Traversée sert un objectif clair, soit découvrir et faire découvrir le patrimoine d’Anticosti: 

Pendant que les projecteurs sont sur l’île, c’est le moment de la faire briller. Même si l’aventure pétrolière est derrière nous, le véritable défi ne fait que commencer pour l’île d’Anticosti et sa communauté. Les gens de l’île ont souffert des mauvais choix qui se sont faits sur leur dos. Ils ont droit à une aide de Québec pour leur développement, la protection et la mise en valeur de leur île. C’est dans une optique de support au développement récréotouristique et à sa candidature au patrimoine mondial de l’UNESCO que s’inscrit la Grande Traversée 2017.

Maintenant que c’est dit, place à l’aventure!

 

 

 

 

 

La Grande traversée 2017

D’autres fossiles à offrir que le pétrole! – Entrevue…

C’est un fait encore méconnu en dehors des cercles d’experts, mais l’île d’Anticosti possède une très grande richesse au point de vue géologique. En fait, son patrimoine fossilifère est littéralement unique!

C’est d’ailleurs un des points forts de la candidature de l’île à la liste canadienne des sites lorgnant le patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mais qu’est-ce qui fait la particularité de la plus grande île du Saint-Laurent aux yeux des géoscientifiques?

Le professeur André Desrochers du Département des sciences de la Terre et de l’environnement à l’Université d’Ottawa, a bien voulu éclairer nos lanternes :

« Les géoscientifiques cherchent à l’île d’Anticosti les causes de la quasi-disparition de la vie marine à la fin de l’Ordovicien (un des systèmes géologiques constituant le Paléozoïque).

Des chercheurs de six instituts scientifiques – l’Université d’Ottawa, l’Université de Victoria, le Massachusetts Institute of Technology de Boston, l’University of California à Berkeley, l’University of Ghent en Belgique et l’American Museum of Natural History de New York – se sont rencontrés à l’île d’Anticosti cet été afin d’étudier l’extinction de la vie marine à la fin de l’Ordovicien; il y a environ 445 millions d’années.

L’île d’Anticosti possède la succession stratigraphique la plus importante en épaisseur et le registre fossilifère le plus complet de la vie marine de cette époque au monde. Le nombre et la variété des invertébrés fossiles y est important et dans un état exceptionnel de préservation. À cette époque, la quasi-disparition des animaux marins représente la première grande extinction de masse de l’histoire de la vie sur Terre.

Les travaux des chercheurs se sont concentrés dans le secteur ouest de l’île et tout particulièrement, celui de l’Anse aux Fraises, près de Port-Menier. Ceux-ci ont recueilli près de 500 kg d’échantillons qui sont déjà rendus à leurs instituts respectifs pour des analyses plus poussées. Les résultats, attendus par la communauté scientifique, seront connus d’ici la fin de l’année, et qui sait, apporteront des réponses aux causes responsables de l’extinction massive de la vie datant de la fin de l’Ordovicien. »

Anticosti n’a donc pas fini de nous révéler ses secrets.  L’Anse aux Fraises sera d’ailleurs le premier arrêt des 10 marcheurs de la Grande Traversée d’Anticosti lors de leur arrivée sur l’île vendredi.

Gageons qu’ils ne pourront s’empêcher de prendre quelques photos.

 

Anse aux Fraises, Crédit : André Desrochers

 

 

La Grande traversée 2016

À la rencontre des Grandes Marcheuses d’Anticosti

À l’été 2016, 10 citoyennes et citoyens ont réalisé la première Grande Traversée d’Anticosti, une marche inédite de 130 km sur l’île d’Anticosti organisée par Nature Québec dans un contexte de forages pétroliers imminents. Pour découvrir les trésors d’Anticosti et discuter de ses futurs enjeux avec des marcheuses de la Grande Traversée et Sophie Gallais, responsable de la campagne Futur Anticosti à Nature Québec, deux conférences ont été organisées.

La première a eu lieu le 2 mai 2017 au Griendel à Québec. Une quarantaine de personnes se sont déplacées pour en apprendre davantage sur cette île mythique et l’inoubliable expérience de la Grande Traversée 2016.

  

À Montréal, près de 20 personnes ont participé à une soirée conférence à la Station HoSt. Lors de ces deux évènements, les personnes présentes ont été émerveillées par la beauté d’Anticosti. Des images et des témoignages qui donnent envie de découvrir Anticosti !